Travail et action collective (CM, M1S1)

Cours d’Isabelle Charpentier & de Pascal Depoorter

M1 – Fondamentaux Sociologie

Année universitaire 2017-2018 (semestre 1 ; CM optionnel de 24 h)

 

TRAVAIL & ACTION COLLECTIVE

Rassemblement de mineurs grévistes à Tydesley (Grand Manchester), devant la Maison des Mineurs, pendant la grève générale de 1926 au Royaume-Uni

Résumé

Centré sur la sociologie de l’action collective, le cours s’intéresse plus spécifiquement aux conflits du travail contemporains, dans un contexte de mutations de ce dernier. Dans un premier temps, on analysera l’articulation entre identités individuelles, classes sociales, identités professionnelles et structuration de groupements organisés pour l’action collective. Après avoir établi un panorama de l’évolution des paradigmes sociologiques en sociologie de l’action collective et des mobilisations (des théories du comportement collectif au paradigme identitaire, en passant par le paradigme de la mobilisation des ressources, avec une focale sur le paradoxe de l’action collective mis en évidence par M. Olson), on présentera un bilan de l’état actuel des questionnements et des paradigmes théoriques en sociologie des mobilisations et de l’engagement militant. On proposera ensuite une mise en perspective socio-historique des évolutions de la conflictualité sociale, des mutations affectant la « classe ouvrière » et ses luttes, de l’institutionnalisation progressive puis de la transformation des conflits du travail via les syndicats. Dans cette lignée, nous reviendrons aussi, d’un point de vue sociologique, sur un « répertoire d’action collective » (Charles Tilly) spécifique aux conflits du travail, la grève, en présentant la contribution de Pierre Bourdieu sur cette question, puis en étudiant le cas du syndicat Solidarnosc en Pologne. On présentera également un cas de mobilisation improbable d’un groupe dit « à ressources faibles » : les chômeurs. On s’intéressera enfin aux formes d’actions collectives protestataires en démocratie, en prenant l’exemple de l’institutionnalisation du fait manifestant en France, puis en proposant un bilan des analyses relatives aux « violences urbaines » et aux types d’action collective auxquelles elles ont pu donner lieu en France au sein de la jeunesse des quartiers relégués (1ère intervenante : Isabelle Charpentier – 9 séances, du 12/09/2017 au 14/11/2017). Dans une seconde partie, on analysera précisément le mouvement social des salarié-e-s de Continental en 2009 (2e intervenant : Pascal Depoorter – 3 séances, du 21/11/2017 au 05/12/2017).

 

Modalités d’évaluation

Examen écrit terminal de 2 h : les étudiant-e-s traiteront deux questions de cours au choix sur quatre proposées sur la première partie du cours, et 1 question sur deux au choix sur la seconde. Chaque question sera notée sur 7 points. Aucun document ne sera autorisé.

 

PLAN DU COURS & BIBLIOGRAPHIES

 

1ère partie : Sociologie de l’action collective, conflits du travail & conflits sociaux

(Isabelle Charpentier ; 9 séances du 12/09 au 14/11/2017)

 

Introduction : La structuration des groupements organisés : de l’individuel au collectif

  1. Identités individuelles, identités professionnelles & identités sociales
  2. Qu’est-ce que l’action collective ? Définitions & évolution des paradigmes sociologiques en sociologie de l’action collective & des mobilisations (les théories du comportement collectif, le paradigme de la mobilisation des ressources, le paradigme identitaire)
  3. Comment faire du collectif avec de l’individuel ? Le paradoxe de l’action collective de Mancur Olson & ses prolongements ; l’analyse de Albert O. Hirschman & ses prolongements
  4. Où en est-on aujourd’hui en sociologie des mobilisations & de l’engagement militant ? Un état des questionnements & des paradigmes

 

CHAPITRE 1. Classes sociales & conflits du travail dans un contexte de mutations du travail

 

Section 1. Conflits du travail & classes sociales

  • 1. Conflits sociaux & identité professionnelle
  • 2. Un exemple des effets des mutations du travail sur les classes : va-t-on vers la fin de la classe ouvrière ?
  1. Comment définir la classe ouvrière aujourd’hui ?
  2. Les mutations de la classe ouvrière peuvent laisser penser à une disparition programmée…
  3. … mais il existe de nombreux contre arguments

Supports vidéos

1) Vidéo de Robert Castel, « La société salariale » : education.francetv.fr/…/robert-castel-la-societe-salariale -v104390

2) Vidéo de la présentation par Robert Castel de l’ouvrage qu’il a co-dirigé, Castel (Robert), Martin (Claude) [dir.], Changements et pensées du changement – Echanges avec Robert Castel, Paris, La Découverte, coll. « Sciences humaines », 2012 : www.youtube.com/watch?v=5_hBFvny1Fg

3) Vidéo de Rober Castel : www.youtube.com/watch?v=f8TCB-JJzHg

 

Section 2. Institutionnalisation des conflits & conflictualité du travail

  • 1. Conflits sociaux, institutionnalisation des conflits & changement social

 

 

  • 2. L’institutionnalisation des conflits & du rôle des syndicats

A.Les débuts de l’industrialisation

B.La première moitié du 20ème siècle

  1. La période fordiste (1945-1975)
  • 3. Diminution du nombre des conflits & désyndicalisation permettent-elles de conclure à la diminution de la conflictualité ?
  1. Les faits : diminution du nombre de conflits & désyndicalisation
  2. Explications conjoncturelles & structurelles
  • 4. La transformation des formes des conflits du travail & de leur gestion

 

CHAPITRE 2. LA GREVE : UN OBJET SOCIOLOGIQUE

 

Section 1. L’analyse de Pierre Bourdieu

 

Section 2. Les enseignements sociologiques de l’expérience de Solidarnosc en Pologne (1956-1989)

 

CHAPITRE 3. EN MARGE DU TRAVAIL… LA MOBILISATION IMPROBABLE D’UN GROUPE « A RESSOURCES FAIBLES » : LES CHÔMEURS

L’exemple du mouvement des chômeurs de l’hiver 1997-1998 (Emmanuel Pierru)

 

Conclusion : Un « nouveau militantisme » ? A propos de quelques idées reçues

 

CHAPITRE 4. VERS UNE DEMOCRATIE DE PROTESTATION ?

 

Section 1. Le continuum de la participation politique ; actions conventionnelles versus actions protestataires – Un bilan de la littérature : la diversité des approches typologiques

 

Section 2. La manifestation

  • 1. Le droit de la manifestation
  • 2. Croissance du potentiel manifestant & légitimité du recours à la rue
  • 3. Le recours effectif à la manifestation
  • 4. Qui manifeste ? Les caractéristiques sociodémographiques & politiques des populations manifestantes
  • 5. L’Etat & les manifestants : du pouvoir d’injonction au pouvoir d’influence – Les transformations des modalités d’exercice de la contrainte policière : comment « tenir » la rue ?
  • 6. Une institutionnalisation croissante du recours à la rue

 

Section 3. « Violences urbaines », violence sociale & réactions collectives dans la jeunesse des quartiers relégués

  • 1. Les « violences urbaines » des jeunes : des faux débats & stéréotypes aux enjeux sociopolitiques
  1. Le retour des classes dangereuses (non laborieuses)
  2. Le « retour de la barbarie » & la « crise de civilisation »
  3. Le « conflit de culture »
  4. La lutte des classes
  • 2. Les années 1990-2000 : de nouvelles formes d’actions collectives protestataires ?
  1. Le développement de la culture hip-hop & l’explosion du rap
  2. Déconstruire la notion de « violences urbaines »
  3. Actions collectives ou réactions défensives ?

Conclusion : Violence & politique

 

BIBLIOGRAPHIE sur la 1ère partie

 

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ANNEXES. Documents pour la 1ère partie du cours

 

 

Document 1. Technologies de construction & de réparation du malheur social

 

RECOURS INDIVIDUELS RECOURS COLLECTIFS

Loyauté

Auto-satisfaction

Auto-culpabilisation

Fatalisme

Acceptation de la domination
Prise de parole Vengeance – dénonciation

Rumeur – dérision

Médicalisation – travail sur soi

Action judiciaire

Prière

Grève de la faim

Vendetta

Révoltes – émeutes

Action judiciaire collective

Mobilisation collective (base religieuse, ethnique, politique, syndicale…)

Défection Exil

Suicide

«  Déviances »

Banditisme – escapisme

Exils

Suicides collectifs

Banditisme

 

Tableau extrait de Offerlé (Michel), Sociologie des groupes d’intérêts, Paris, Montchrestien, 1998, p. 55, d’après Hirschman (Albert O.), Défection et prise de parole, Paris, Fayard, 1995 [e.o. : 1970].

 

 

Document 2. L’évolution des répertoires d’action collective – 17e-20e siècles (Charles Tilly) (Rappel)

 

Dans la France des années 1650-1850

Modèle communal patronné

Dans la France des années 1850-1980

Modèle national autonome

1. Emploi fréquent de moyens d’actions normalement réservés aux autorités, pour les ridiculiser, ou pour s’y substituer au nom du bien de la communauté.

Exemples : réquisition de grains (émeutes dites « de subsistance »), invasions collectives de champs, actes de justice populaire

1. Emploi de nouveaux moyens d’action relativement autonomes auxquels les autorités n’ont jamais ou rarement recours, pris en charge par des organisations ad hoc : syndicats, associations.

Exemples : grèves, manifestations, pétitions.

2. Défense d’intérêts généraux de corporations ou de communautés davantage que d’intérêts particuliers.

Exemples : sabotages de machines, luttes contre la clôture des terres communales, expulsions d’agents du fisc, batailles rangées entre villages, grèves par corps de métiers.

2. Défense fréquente d’intérêts spécifiques par des groupements ou associations dont le nom même constitue le programme (Union populaire pour …, Association de défense de …).

Exemples : associations de la loi de 1901, syndicats, groupes d’intérêt, grèves d’entreprise plus que de « métier ».

3. Recours à de puissants patrons pour redresser les torts, représenter la communauté vis-à-vis de l’extérieur.

Exemples : recours au prêtre, au noble comme intercesseurs.

3. Défis directs aux autorités et aux concurrents, surtout aux autorités nationales, plutôt que recours au patronage.

Exemples : insurrections programmées, occupations de bâtiments publics, séquestrations, invasions d’assemblées officielles.

4. Prédilection pour les fêtes et rassemblements autorisés comme cadres d’expression des doléances.

Exemple : cortèges tendancieux lors de fêtes (le carnaval de Romans analysé par Le Roy Ladurie[1]), charivaris.

4. Organisation délibérée d’assemblées chargées d’articuler les revendications.

Exemples : assemblées générales, organisation d’états généraux de…

5. Expression répétée de doléances et revendications sous forme symbolique (effigies, pantomimes, objets rituels).

Exemples : pendaison de mannequins, le «  massacre de chats »  analysé par Darnton, charivaris[2]

5. Déploiement de programmes, de slogans, de signes de ralliement (formes intellectualisées et abstraites).

Exemples : campagnes ouvrières pour la journée de 8 heures, logos, mots d’ordre nationaux, plates-formes.

6. Rassemblement sur les lieux mêmes de l’injustice, au logis de ses responsables, par opposition aux sièges et symboles du pouvoir public.

Exemples : charivaris, sacs de maisons privées et de résidences aristocratiques.

6. Action sur les lieux les plus susceptibles d’attirer l’attention.

Exemples : organisation de grandes manifestations à Paris, mobilisations médiatiques.

 

Tableau réalisé à partir de Tilly (Charles), La France conteste de 1600 à nos jours, Paris, Fayard, 1986, de Neveu (Erik), Sociologie des mouvements sociaux, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 1996, p. 23 et d’Offerlé (Michel), Sociologie des groupes d’intérêts, Paris, Montchrestien, coll. « Clefs », 1998, p. 106-107.

 

Document 3. La construction historique d’un fait social total

– Récapitulatif des « trois âges de la grève » (Stéphane Sirot) – (Rappel)

 

1er âge de la grève (1791-1864) :

Marginalisation

2ème âge de la grève

(1864-2ème guerre mondiale) : Banalisation

3ème âge de la grève

(Après 2ème guerre mondiale) :

Fait social total

Figure centrale du conflit Prolétaires Ouvriers Salariés
Acteurs revendicatifs Gens de métier, corporations Ouvriers d’usine, syndicats (encadrement syndical croissant des protestations) Le salariat moderne ! monde ouvrier, employés, fonctionnaires, etc.
Cibles de la protestation Le patron Le patronat Le patronat & l’Etat
Statut légal Fait « coupable », illégalité, interdiction Reconnaissance partielle d’un droit, légalisation des syndicats Droit constitutionnel,

institutionnalisation, intégration

Rôle de l’Etat

Réprimer et punir Arbitrer et apaiser Prévenir et réguler
Dimension et lieu d’expression Pression locale (ateliers), action directe Usine, piquets de grève, etc. « Nationale », la rue (manifestations, cortèges, etc.)
Expression du conflit gréviste Violence sporadique, spontanée Négociation partielle + répression patronale Négociation, gestion, prévention, forclusion de la violence

Revendications

Salaires Salaires, limitation de la durée du travail Salaires, droits sociaux, revendications « qualitatives » ou « régulatoires »

 

Tableau construit à partir de Sirot (Stéphane), La Grève en France. Une histoire sociale (19ème siècle-20ème siècle), Paris, Odile Jacob, 2002.

 

Document 4. L’audience des trois grands syndicats de salariés à la fin du XXème siècle. Résultats aux élections prud’homales de 1997 et de 2002 (en %)

CGT CFDT FO CFTC CGC Autres
Total 1997 33,1 25,3 20,6 7,5 5,9 7,6
Total 2002 32,1 25,2 18,3 9,7 7,0 7,7

 

Source : La Nouvelle Vie Ouvrière, 13 Décembre 2002

 

 

Document 5. Grèves, grévistes & journées de grève en moyennes quinquennales (1865-1938)

 

Années Grèves Grévistes Journées de grève
1865-1869

1870-1874

1875-1879

1880-1884

1885-1889

1890-1894

1895-1899

1900-1904

1905-1909

1910-1914

1919-1923

1924-1928

1929-1933

1934-1938

63

84

84

192

180

373

469

706

1 102

1 167

1 213

977

659

4 301

26 937

27 235

28 711

63 967

46 961

100 224

84 673

188 216

216 125

232 134

698 200

237 600

205 600

858 000

105 006

328 416

734 306

579 383

1 642 444

1 361 924

3 334 907

4 211 881

3 131 189

10 744 800

3 480 800

2 913 400

 

Source : Sirot (Stéphane), La Grève en France. Une histoire sociale (19ème siècle-20ème siècle), Paris, Odile Jacob, 2002, p. 28.

 

Document 6. Grèves, grévistes & journées de grève en moyennes quinquennales (1946-1975)

 

Années Grèves Grévistes Journées de grève
1946-1950

1951-1955

1956-1960

1961-1965

1966-1970

1971-1975

1650

2035

1805

2037

1999

3756

3 120 600

1 415 800

1 413 800

1 381 420

1 593 900

2 089 475

11 009 800

3 893 400

1 937 800

2 794 800

32 138 520

3 861 320

 

Source : Sirot (Stéphane), La Grève en France. Une histoire sociale (19ème siècle-20ème siècle), Paris, Odile Jacob, 2002, p. 33.

 

 

Document 7. Grèves, grévistes & journées de grève en moyennes quinquennales dans les entreprises privées & publiques nationalisées (1976-2000)

 

Années Grèves Grévistes Journées de grève
1976-1980

1981-1985

1986-1990

1991-1995

1996-2000

 

3500

2595

1826

1672

2003

 

1 581 420

503 640

358 800

47 3480

164 279

3 241 580

1 509 660

970 160

866 140

527 894

 

 

Source : Sirot (Stéphane), La Grève en France. Une histoire sociale (19ème siècle-20ème siècle), Paris, Odile Jacob, 2002, p. 33.

 

Document 8. Nombre de manifestations recensées par la Préfecture de police

 

Année Nombre de manifestations Années Nombres de manifestations
1975 312 1989 1 334
1976 264 1990 1 523
1977 223 1991 1 451
1978 205 1992 1 513
1979 246 1993 1 311
1980 274 1994 982
1981 312 1995 1 128
1982 799 1996 767
1983 729 1997 1 297
1984 627 1998 1 408
1985 588 1999 1 768
1986 400 2000 1 430
1987 398 2001 1 461
1988 633 2002 1 358

 

Source : Tartakowsky (Danielle), La Manif en éclats, Paris, Hachette, 2004, p. 14.

 

 

 

Document 9. Technologies de construction & de réparation du malheur social des chômeurs

 

RECOURS INDIVIDUELS RECOURS COLLECTIFS
Loyauté
Auto-culpabilisation et fatalisme (cas le plus fréquent)

Le chômage comme épreuve personnelle, vécue comme une honte sociale par l’individu lui-même

 

Vote « conforme » (i.e. celui du milieu social d’appartenance)

Acceptation de la domination : par exemple, tactique(s) d’installation / adaptation dans le chômage et ruses administratives pour négocier un statut le moins défavorable

par groupement interposé (associations d’insertion, etc.)

Prise de parole Médiation – travail sur soi (thérapie / projet d’insertion)

Action judiciaire (exemple : les « recalculés »)

Grève de la faim

 

Vote « radicalisé » / « extrême », type vote FN

« Politique par le bas » ; marches de chômeurs, etc.

Révoltes – émeutes

Action judiciaire collective (les « recalculés », au travers des plaintes collectives dans les associations de chômeurs)

Imputation à un homme, un groupe, une institution (l’Etat, les ASSEDIC, l’ANPE/Pôle emploi, etc.)

Mobilisation collective (occupations de locaux administratifs – cf. le mouvement des chômeurs de l’hiver 1997-1998)

Défection
Exil

Suicide – folie (surmortalité des chômeurs, lien entre taux de chômage et taux de suicide)

« Déviances »

Banditisme

 

Abstention électorale et/ou non inscription sur les listes électorale (cas le plus fréquent)

Exils

Banditisme / illégalismes sectoriels en « bandes » / « cliques » / « gangs »

 

Source : Emmanuel Pierru, d’après Hirschman (Albert O.), Défection et prise de parole, Paris, Fayard, 1995 [e.o. : 1970].

 

 

2ème partie. Les conflits sociaux de 2009 : le retour de la classe ouvrière ?

(Pascal Depoorter ; 3 séances du 21/11 au 05/12/2017)

 

Première séance (21/11/2017)

Introduction

  1. Le contexte des années 2000
  2. Crise de 2008 & contestations sociales

 

Section 1. Continental : lutte syndicale ou lutte politique ?

  • 1. Un mouvement social inscrit dans une histoire du travail
  • 2. La construction médiatique d’une lutte emblématique
  • 3. Radicalisation & politisation
  • 4. Une critique par le « bas » des confédérations syndicales ?

 

Seconde séance (28/11/2017)

Documentaire : Les Conti (de Philippe Clatot)

 

Troisième séance (05/12/2017)

Section 2. Injustice & action collective

  • 1. Travail syndical & mobilisation collective
  • 2. Les ressorts subjectifs de la mobilisation : discussion autour d’un cadre théorique
  1. Le concept d’économie morale (E.P. Thompson)
  2. Luttes pour la reconnaissance (A. Honneth)
  3. Reconnaissance & redistribution (N. Fraser)
  • 3. Du registre de la dignité à la lutte des classes
  • 4. Agir dans l’espace politique
  • 5. Se battre pour maintenir l’emploi ou pour des indemnités ?

 

Conclusion : quels débouchés politiques ?

 

BIBLIOGRAPHIE sur la 2ème partie

 

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[1] Le Roy Ladurie (Emmanuel), Le Carnaval de Romans, Paris, Gallimard, 1979.

[2] Darnton (Robert), Le Grand massacre des chats, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1984.